Pascal François

Pascal François

Le portrait onirique de Pascal François

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Rêve de cette nuit : je suis à Bruxelles, un ami libraire a déménagé sa librairie dans un quartier populaire que je connais, c'est là où j'ai passé mon enfance, il n'a pas de masque, me parle et postillonne, il m'explique qu'il devra à nouveau déménager pour une raison que je comprends mal, je croise d'autres personnes sans masque qui postillonnent plus encore, je ne suis pas nosophobe ni hypocondriaque. Je lui propose d'aménager sa vitrine pour mettre en avant les éditeurs indépendants. Il prétexte le manque de place (pourtant dans la vraie vie, c'est le premier à le faire), je me demande si c'est bien lui, il parle parle, puis je découvre qu'il a un masque en carton avec un élastique accroché aux oreilles, je lui arrache le masque et c'est Jeff Bezos, je lui donne des coups dans le ventre et dans les jambes, il se marre. Puis je sors mon arme (dans la vraie vie je suis contre les armes et suis non violent, mais apparemment dans les rêves ce n'est pas la même chose, il faut se faire respecter), je vide mon chargeur, le crible de balles. Je tire le corps à l'extérieur de la boutique, le sang n'atteint pas les livres (heureusement), soulagé, tout le monde est sorti effrayé, je m'enferme à l'intérieur de la librairie. Je place les livres des éditeurs indépendants à ma guise. Persuadé d'avoir évacué tout le monde, je sifflotte un petit air bien connu des films de western-spaghetti, je range mon colt, je jette dans une mare de sang quelques bouquins obsolètes que je ne citerai pas pour éviter les polémiques futiles. Puis j'entends du bruit au sous-sol, je sors à nouveau mon arme. Je descends, je vois un homme peindre sur d'immenses feuilles de papier, tout est très coloré, il ne dit rien, ne se retourne pas, il est dans son monde comme si l'autre monde n'existait plus. Je pointe mon arme sur sa tempe et je lui dis : alors, mon coco, on fait le malin ? On fait l'artiste ? Ça sent le talent ici . L'homme continue ses dessins puis me lance : écoutez, je vous félicite, très beau coup. Mais ils vous attendent dehors, ils vont se venger, vous venez de tuer leur idole du capital. Il est où votre cheval, cow-boy de pacotille ? Votre armée ? Vous voulez que j' appelle mes amis pour vous sortir de là ? Ah, j'oubliais, je m'appelle Pascal François.

Il n'a pas tort le bougre. Je me présente à mon tour : Patrick Lowie, cogitateur de rêves, je trie, j'analyse et je convertis les données dans le langage sacré des algorithmes oniriques en passant par la touche F9. Autant vous le dire tout de suite Next (F9) n'est qu'un raccourci clavier pour activer le cogitateur. Je baisse mon arme, il se lève. Il se sert un verre de vin rouge, puis me dit : voilà, nous allons faire comme ça : vous allez appuyer sur votre cogitateur et on part pour New York. Je lui dis : vous n'avez pas compris, je suis le cogitateur.
Il trace deux cercles sur un morceau de papier rough froissé. Puis un trait. En haut à gauche : rêve pour Patrick Lowie, 13 juin 2019. J'entends des cris dehors. Ils crient vengeance les cons. Pascal François écrit des mots que j'essaye de déchiffrer et que je lis à voix haute : à New York de nuit..... des gens habillés en égoutiers, capes en caoutchouc, bottes avec des masques à gaz.... descendent dans une bouche d'égout qui mène dans une ancienne station de métro de nulle part.... désaffectée... Une ouverture, dans le sol, l'eau radioactive gardée par un molosse qui ouvre et ferme un guide. Il me refuse l'accès. On sort. Un homme avec un bec de canard à la place de la tête. Un homme trop barbu me prend dans ses bras et m'explique que c'est un groupe de touristes. Une cérémonie d'initiation, les gens s'allongent dans une eau peu profonde, dans un tunnel, allongés en travers, la tête sous le bas du mur, et disparaissent sous le mur, vers l'inconnue, ... désolé mais là c'est illisible.... On entend dans un haut parleur quelqu'un crier : Monsieur François !... .

Je trie le texte, l'analyse et le convertis.

Un moustique s'approche du peintre et le pique.

Réveillez-vous, lui dis-je, nous nous reverrons dans un autre rêve.


Publications & anecdotes

Ce portrait a été publié dans le livre Le totem d'Imyriacht (2023) aux éditions maelstrÖm.

Cliquez sur la couverture du livre pour plus d'informations.


Bio

Né en 1967 à Nancy (France). Artiste autodidacte, peintre et sculpteur. Vit et travaille à Casablanca où il crée l'atelier de sculpture La Ferme près de Médiouna en 2017.

PRINCIPALES EXPOSITIONS PERSONNELLES : 2014: Chroniques d’une bataille aux frontières Abbaye Saint- André de Villeneuve-lez-Avignon 2010: Sculpture La Charité de Carpentras

PRINCIPALES EXPOSITIONS COLLECTIVES : 2017: Confluences Villa des Arts, Casablanca 2016: Touch Me Biennale de Marrakech, Bab Hotel Commissaire d’exposition Abla Ababou 2016: Des mains et des papiers, Dar Chérifa, Marrakech, Commissaire d’exposition Hassan Bourkia 2013: La Salle d’attente Raray, Commissaire d’exposition Sarah Mc Donald (TIA Collection)

Précisions d’usage 
Ce portrait est un portrait onirique basé sur un rêve, et donc, ce n’est qu’un portrait onirique et imaginé. Par conséquent, l’histoire qu’il raconte n’est pas une histoire vraie. Erreurs de syntaxe, d'orthographe ou coquilles... faites-nous part de vos remarques à mapuetos@mapuetos.com

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